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"Je ne cherche pas à être président. Je cherche juste à ce que quelqu'un le soit vraiment."
Aymeric Lompret est humoriste. C'est déjà beaucoup. Dans un pays où l'humour est souvent confondu avec la provocation et la provocation avec le courage, il fait les trois à la fois, ce qui est épuisant pour tout le monde.
Sa candidature à la présidence n'était pas prévue. Elle s'est imposée d'elle-même, comme souvent avec lui, entre deux remarques sur la société française et une assiette de fromage.
Arrive dans un monde déjà compliqué. S'adapte immédiatement en pleurant, ce qui s'avèrera être une réaction appropriée.
À 6 ans, il comprend que le fromage fondu résout la plupart des problèmes. Conviction qui ne le quittera plus.
Obtenu. Avec mention. Ce qui ne l'empêchera pas de remettre en question l'utilité de tout ce qu'il y a appris.
Premier spectacle. Petit public. Grandes ambitions. Constat immédiat que dire la vérité fait rire, ce qui est à la fois rassurant et inquiétant.
La France découvre qu'il dit tout haut ce qu'elle pense tout bas. Cela crée un inconfort productif.
Après une soirée raclette prolongée avec des amis, et face au spectacle de la campagne présidentielle en cours, il dit : "On pourrait faire mieux." Ses amis répondent : "Vas-y alors." Il prend ça au premier degré.
Présente sa candidature avec un programme complet, un logo, et la ferme conviction que les Français méritent mieux. Ou au moins différent.
Même quand c'est inconfortable. Surtout quand c'est inconfortable.
Idéalement autour d'une table. Avec du fromage. C'est une valeur politique.
Parfois confondu avec le pessimisme. La différence : le réalisme a des données.
Croire que ça peut aller mieux, tout en sachant que ça ira probablement pareil.
Il croit en même temps que les gens sont bons et que la société est kafkaïenne. Les deux sont vrais.